• HAÏTI LA GRANDE OUBLIEE - OURAGAN SANDY

    Selon Jean Debalio Jean-Jacques, le principal responsable du ministère de l'Agriculture du département du Sud, le gouvernement n'a pas encore déterminé la valeur des dommages causés par l'ouragan mais il estime que plusieurs agriculteurs pauvres n'auront rien à manger à cause des dommages causés par la tempête. Les dégâts concernent des cultures d'avocats, de fruits de l'arbre à pain, de maïs et de vétiver, une plante utilisée en parfumerie.

    L'ouragan Sandy s'est abattu sur Haïti dans la nuit du 24 octobre. Il a déversé plus de 50 centimètres de pluie en 24 heures sur la ville des Cayes et dans la campagne environnante, faisant déborder les rivières. Au moins 52 personnes ont perdu la vie dans l'île à cause de l'ouragan Sandy.

     

    Alors qu'Haïti se relève difficilement du séisme qui l'a durement frappée le 12 janvier 2010, les conséquences du passage de l'ouragan Sandy ce week-end pourraient s'avérer dévastatrices pour la population dans les jours et les semaines à venir. La petite nation caribéenne enregistre déjà le triste record du bilan le plus élevé des victimes de l'ouragan, avec au moins 52 morts, 15 disparus et 19 blessés.

    Pendant trois jours, Haïti a été balayée par des intempéries qui ont causé inondations, glissements de terrain et destructions de maisons. La région la plus affectée est le département de l'Ouest, incluant Port-au-Prince, qui déplore une vingtaine de morts, dont des familles entières ensevelies dans leurs maisons effondrées. Dans la capitale, les campements de fortune, qui abritent encore 370 000 victimes du séisme de 2010, ont été durement touchés. Dans le sud d'Haïti, on dénombre 18 morts.

    De nombreuses plantations ont été détruites et des routes ont été coupées, isolant des villes dans les départements du Sud et du Sud-Ouest, ont indiqué les autorités. Sandy a laissé 18 000 familles supplémentaires sans abri. Les équipes de la direction de la protection civile d'Haïti, assistées d'experts internationaux, ont tout juste entamé l'évaluation des dégâts causés par les 50 centimètres de pluie enregistrés dans certaines régions du pays. Plusieurs jours seront nécessaires pour compiler les données.

    LE RISQUE D'ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA

    Les Nations unies s'inquiètent des conséquences à long terme du passage de l'ouragan, et notamment des risques liés à l'aggravation des conditions sanitaires. Depuis octobre 2010, le choléra a ainsi touché 600 000 habitants dans le pays et fait plus de 7 400 morts.

    Au cours des derniers jours, les organisations humanitaires ont observé une forte augmentation de cas de choléra présumés dans sept départements, dont 86 dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince, selon l'Organisation panaméricaine de la santé. Ce qui reste encore difficile à confirmer, car plusieurs communautés demeurent isolées et uniquement accessibles par hélicoptère.

    ALERTE SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

    Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires présentes sur place s'inquiètent également d'une augmentation des prix des biens de première nécessité, du fait de la destruction des plantations et des cultures de subsistance dans le tiers sud du pays. "L'économie a subi un coup sévère", a indiqué le premier ministre, Laurent Lamothe, à Reuters. "La plupart des cultures épargnées par l'ouragan Isaac [qui a frappé l'île en avril] ont été détruites par Sandy", a-t-il déploré.

    La destruction des denrées alimentaires pourrait aggraver une situation déjà tendue sur le plan politique, alors que le pays a été secoué au cours des derniers mois par de violentes manifestations contre la vie chère. Une crainte exprimée par Jean Debalio Jean-Jacques, directeur du département du Sud au ministère de l'agriculture. "Tout ce que les paysans avaient – maïs, tubercules – a été dévasté. Certains avaient déjà préparé leurs champs pour les cultures d'hiver et ça a été dévasté", a-t-il déploré.

    Dans la ville d'Abricots, dans le sud-ouest du pays, le maire Kechner Toussaint évoque "un désastre agricole" et prédit "une famine dans les prochains jours". Régimes de bananes et arbres à pain, bases de l'alimentation locale, ont été totalement détruits. Dans la région de Camp-Perrin, ce sont les cultures de café qui ont été dévastées à quelques semaines de la récolte. "Le café est l'épargne des paysans", a déploré Maurice Jean-Louis, un planteur à la tête de la coopérative des planteurs de café de Camp-Perrin.

    APPEL À L'AIDE INTERNATIONALE

    Pour faire face à la situation, le gouvernement a annoncé l'octroi de 350 millions de gourdes (6,3 millions d'euros) pour aider les régions affectées. L'Etat et les organisations humanitaires ont commencé à distribuer de la nourriture, de l'eau et d'autres biens de première nécessité aux victimes de l'ouragan. Vendredi, le président haïtien, Michel Martelly, et le premier ministre avaient distribué des rations alimentaires et des bouteilles d'eau dans les quartiers pauvres de la capitale. "Les stocks sont à un niveau dangereusement bas. Après la tempête tropicale Isaac en août, ces stocks n'ont pas été reconstitués", a averti George Ngwa, porte-parole de OCHA, qui coordonne l'aide humanitaire en Haïti.

    Un appel à l'aide internationale d'urgence a été lancé, auquel le Venezuela a déjà répondu en envoyant un bateau et un avion cargo avec de l'eau et de la nourriture. L'Union européenne a indiqué qu'elle soutiendrait les efforts de reconstruction en Haïti, ainsi que dans le reste des Caraïbes touché par l'ouragan. "L'UE se tient prête à soutenir les efforts de reconstruction. Nous continuerons également à soutenir les projets de prévention des catastrophes et de réduction des risques dans les pays vulnérables des Caraïbes et autres régions sujettes aux catastrophes", ont écrit dans un communiqué commun la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, et la commissaire chargée de la gestion des crises, Kristalina Georgieva.

    Monde

    Haïti décrète l'état d'urgence après l'ouragan Sandy

    31 octobre 2012 à 16:03

    Le cyclone Sandy a frappé durement Haïti à partir de jeudi, y faisant au moins 51 morts. Ici à Port-au-Prince, vendredi. (Photo Swoan Parker. Reuters)


     

     


  • Commentaires

    9
    Vendredi 2 Novembre 2012 à 20:41

    Je viens te souhaiter un bon week-end Mimi. Bisous bonne soirée

    8
    Vendredi 2 Novembre 2012 à 07:45

    Ce sont souvent les plus démunis qui payent un lourd tribut...et les médias en parlent si peu...

    Merci pour eux, Mimi !

    Bonne fin de semaine.

    Amicalement, Bises.

    7
    BELLEULYSSE
    Jeudi 1er Novembre 2012 à 22:10

    BONSOIR MIMI

    oui tu as bien fait pour cet article j ai connue la guadeloupe le désartre à raport de leur habitations certains nous y sommes retourner c était affreux et là ils ont reconstruirent en plus dur toutes ces iles malheureusement un jour ils vont disparaître à fur à mesure entres les Cyclones les volcans et la mer enfin leur dirigents devraient s en occuper un peu plus de ces pauvres gens  cest vraiment u grand reportage merci pour eux bisous ton amie dan

    6
    Jeudi 1er Novembre 2012 à 14:14

    Haïti n'est pas épargné et il y a eu d'autres pays touhés par cet ouragan je crois.
    Bel article en hommage.
    Bisous 

    5
    Jeudi 1er Novembre 2012 à 09:59

    Oui je suis au courant depuis hier grâce à internet !
    Hier soir aux infos de France 2, 15 minutes consacrés aux dégâts aux USA et pas UN SEUL mot sur Haïti.. c'est incroyable !!!
    Bonne journée

    4
    Mercredi 31 Octobre 2012 à 21:19

    Bonsoir Miette,

    Merci pour ce reportage. C'est bien de remettre la situation actuelle en Haïti dans son contexte. L'île se remet à peine (d'ailleurs, elle n'en est pas encore remise) du séïsme qui l'a dévastée, qu'elle doit faire face à une nouvelle catastrophe. Ce que l'on ne dit pas, c'est que les condititions de vie précaire dans ce pays et la médiocrité des infrastructures et des logements augmentent le risque, pour les habitants, de périr lors de telles catastrophes. 

    J'ai connu les Antilles françaises lorsqu'il existait encore de nombreuses habitations similaires à celles que l'on observe en Haïti. Quand passait un cyclone, il dévastait absolument tout. Après son passage, les habitants n'avaient plus rien, certains périssaient sous les décombres de leurs maisons précaires. Aujourd'hui, ce style d'habitat se raréfie, heureusement. De plus en plus de gens vivent dans des habitations solides, qui résistent aux vents violents. Résultat, quand passe un cyclone, il est beaucoup moins destructeurs qu'il ne l'était à cette époque.

    Les gouvernements savent donc pertinemment ce qu'il leur reste à faire. Alors pourquoi ne le font-ils pas ?

    Nous connaissons tous la réponse, hélas... Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, nous les humains...

    J'esprime ici tout mon soutien au peuple Haïtien, en espérant qu'un jour, quelqu'un d'influent viendra véritablement à son secours.

    Bonne soirée ma chère Miette. 

    Avec toute mon amitié, bisous,

    Martine

     

    3
    Mercredi 31 Octobre 2012 à 20:10

    C'est bien que tu es fait cet article, je trouve honteux qu'aux informations ils n'en ont pas parler. Attention j'arrive avec mon balai, regarde a ta fenêtre !!! Bisous bonne fête d'Halloween Mimi

    2
    Mercredi 31 Octobre 2012 à 18:35

    les pauvres gens-déjà rien en temps normal ! alors là la catastrophe-
    oui il faut les aider--- que les états envoient -- dans l'eau jusqu'aux genous, gare les maladies-
    je suis désolée de voir tant de misére dans le monde-
    bonne soirée-

    1
    Mercredi 31 Octobre 2012 à 17:51

    Quelle tragédie encore pour Haïti, pour les hommes, les femmes et les enfants.
    L'horreur de voir encore tout s'écrouler devant eux et dans leur coeur.
    Je suis sans voix et bouleversée lorsque je regarde ces images... mais ma tristesse est minime à coté de l'immence désarroi que vont vivre durant les jours avenirs tous ces pauvres gens.
    Merci pour ce reportage.

     

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